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Le scribing au service de l’intelligence collective

Dessin en direct axelmage

Le scribing : qu'est-ce que c'est ?

Le scribing ou graphic recording est une activité qui représente ce qui se dit dans une réunion de groupe, en direct sous la forme d’un mélange de mots et d’images.

Par essence, le dessin en direct, accompagne la pensée émergente. C’est pourquoi, il est particulièrement adapté aux réunions participatives ou collaboratives, où le travail est produit par un groupe dans le temps de la réunion.

Cette forme de compte rendu visuel immédiat est favorable à la concentration des participants (le dessin reflète ce qui se dit et non un autre sujet), à une prise de recul globale associée à la vue d’ensemble qu’elle suppose, à un plus grand nombre d’associations d’idées nées de leur visualisation et spatialisation. Enfin, elle est favorable à une compréhension plus grande, grâce à la structuration de l’information.

De nombreuses entreprises ne s’y sont pas trompées, qui font appel à des professionnels du scribing pour récolter les points saillants de leurs travaux collectifs, ou suppléer au compte-rendu écrit.

Néanmoins, il y a quelques pièges à connaître dans l’utilisation du scribing.

Les pièges du scribing

Une utilisation purement évènementielle

Parce que voir se composer un dessin, est toujours une source d’animation, des commanditaires utilisent souvent le scribing comme évènement.

Or, si jamais le scriber ne présente sa fresque aux participants ni ne sollicite des retours, à minima sur la pertinence de ce qui est dessiné, on perd une partie de l’intelligence collective dans l’interaction dont on se prive ainsi. On est alors dans une utilisation plus « décorative » que productive du dessin…

Une utilisation sans précautions, comme compte rendu

Toute image un peu complexe à lire doit s’accompagner d’explications pour celles et ceux qui n’assistent pas à son élaboration .

Elle ne peut servir d’outil de communication efficace sans un texte explicatif, détaillant la manière dont est structurée la fresque, la façon dont elle se lit, les sujets auxquels se rapportent les différentes parties et autres éclaircissements favorables à sa bonne compréhension et exploitation ultérieure.

De même pour les mindmaps (/ cartes mentales, cartes heuristiques) qu’on utilise parfois comme compte-rendu. Si la mindmap est réalisée devant les personnes qui en sont ensuite destinataires, elle suffit à elle-même. En revanche, si des personnes absentes la reçoivent sans explication, elles peuvent la délaisser faute de la comprendre. 

Des conditions pratiques à bien évaluer

Le support

  • une séance de scribing rend nécessaire un support vertical, solide, de plusieurs mètres de long.  Ce support permet de fixer une grande feuille de papier quand la séance se fait en présentiel.( ou bien des plaques de carton-plume juxtaposées, si le support disponible n’est pas lisse).
  • la surface doit être visible de tous, ce qui bien sûr devient un problème pour les groupes très nombreux. En effet, à quelques dizaines de mètres de distance, on ne voit plus le dessin. Un renvoi filmé sur écran peut pallier ce manque…. avec des limites : Je fais une parenthèse ici sur l’utilisation de la tablette pour le scribing :  bien qu’il permette à la fois une projection en direct et une exploitation ultérieure plus rapide, grâce à la digitalisation, le dessin sur tablette se heurte pour l’instant à une limite qui est la taille des écrans. Si, en effet, la capture visuelle est conséquente, la fresque dessinée sur tablette, qui en est le produit, sera trop petite pour être lisible dans son ensemble sur écran. Or le grand intérêt d’une fresque de scribing est de donner à voir une image globale. Donc, tant que les écrans sont limités en taille, rien ne vaut selon moi, la fresque sur papier ou carton plume.

Le temps

Enfin, le déroulé de la réunion ou de l’évènement doit permettre à la personne qui dessine de produire un résultat exploitable.

Pour cela, si on attend du scriber qu’il représente une fresque de plusieurs mètres pendant les minutes ou l’heure de restitution finale des travaux, ce n’est pas possible. D’une part, parce qu’il faut environ 1 à 1m40 m2 de dessin dans une plage de 50 à 60 minutes de temps, d’autre part parce que la vitesse de restitution d’une synthèse orale est plus élevée que celle de sa représentation.

Donc pour qui voudra une prise de notes exhaustive, du temps laissé au scriber sera très important.

Plus les organisateurs incluent le scriber en amont de la construction de la réunion, plus le résultat est de qualité.

A part ces quelques écueils, le scribing reste une pratique d’accompagnement des organisations, à forte valeur ajoutée, qui :

  • favorise l’engagement du public
  • focalise l’attention
  • permet aux participants d’être plus créatifs et de mieux mémoriser
  • donne une vision d’ensemble immédiate.