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Le drame du facilitateur graphique

Produit ou processus : qu'est ce qui fait la valeur de la facilitation graphique ?

Le drame du facilitateur graphique est aussi ce qui fait sa valeur et son originalité : c’est le dessin.

Je présente les choses sous cet angle, volontairement provocant, car contrairement aux apparences, un facilitateur graphique ne « vend » pas un dessin. Il vend un processus de travail.

Le dessin en facilitation graphique est à la fois :

  • La technique avec laquelle le facilitateur graphique rend compte des contenus qu’il entend en fonction des objectifs de la réunion à laquelle il assiste.
  • et le produit final (fresque ou ensemble de supports visuels).

Les bénéfices du processus

Le plus important, c’est le processus de travail que sous-tend cette technique et ce résultat,  c’est à dire la manière dont le facilitateur graphique va utiliser le dessin pour aider le groupe :

  • soit à travailler encore plus vite que dans un atelier d’intelligence collective lambda . (Grâce aux supports visuels préparés sur mesure pour accompagner le déroulé de l’atelier),
  • soit à aller plus loin, par exemple en lui faisant des propositions visuelles pendant un brainstorming,
  • soit encore à formaliser plus rapidement le produit de son travail.

L’essentiel du bénéfice de la facilitation graphique est donc dans le processus qui est mis en oeuvre. (Il peut être très variable en fonction des situations) Il est aussi dans la façon dont le dessin servira au mieux le travail d’un groupe dans l’instant.

Processus versus produit facilitation graphique axelmage

Du mauvais usage de la facilitation graphique

Le pire à mon avis, est de demander à un facilitateur graphique :

  1. de s’installer au fond d’une salle pour prendre en notes visuelles une conférence,
  2. de ne pas lui donner l’occasion de présenter au groupe sa production pour en obtenir un retour
  3. d’utiliser sa production pour « décorer » un couloir quand ce n’est pas la poubelle.

Dans ce cas extrême, le client, à mes yeux, passe à côté de l’intérêt de la facilitation graphique pour ne voir que le produit fini (sans exploiter celui-ci comme il pourrait l’être, c’est à dire à minima pour servir la mémoire du groupe et l’ancrage de ses discussions).

D’ailleurs, des prospects me demandent parfois de fournir un « book » de mes productions, comme on demanderait à un artiste de le faire. Il me semble que c’est le signe d’une méconnaissance de ce qu’ils pensent acheter. Encore une fois : la facilitation graphique vend un processus et non un produit.

Mais on ne peut guère leur en vouloir, car, néanmoins, la forme que prend la production du facilitateur graphique est bien un dessin ou des dessins, et au moment de faire la promotion de son travail, il est inévitable pour un facilitateur graphique d’en faire état, en totalité s’il le peut, sinon partiellement. Je suis la première à m’y résoudre, même si j’essaie – quand c’est possible – de remettre des éléments de contexte autour des images présentées, de manière à montrer la variété des utilisations de la facilitation graphique.

Le dessin n'est pas tout mais il est important

De plus, même si le dessin n’est pas l’essentiel du métier, comme ce post en défend l’idée, la forme que prend la production du facilitateur graphique est néanmoins importante :

  • Dans la qualité graphique tout d’abord : oui, il n’est pas nécessaire de savoir bien dessiner pour être un facilitateur graphique, ET … la qualité graphique participe au plaisir que le groupe a de le lire, de s’y projeter, de se l’approprier et d’en être fier.
  • Dans la nature de l’information captée ensuite, car ce que chaque facilitateur graphique retient de l’information entendue et la manière dont il le met en forme dépend très largement de chacun. C’est pourquoi, il n’est pas non plus inutile de montrer à quoi peut ressembler la production finale du facilitateur en fonction des objectifs poursuivis par les commanditaires.
  • Dans la capacité suggestive enfin des images choisies, des liens faits et des métaphores utilisées, qui  « embarquent » ou non un groupe.

Pour conclure ce post, je ne dirai pas seulement : le processus est important et le produit dessiné qui en résulte aussi, mais plutôt :

je fais la promotion d’une utilisation de la facilitation graphique au mieux du service qu’elle peut rendre, en défendant l’idée que son intérêt est dans la façon dont elle sera mise en oeuvre, dans la nature des informations qui figureront sur le livrable, leur degré de précision et de complétude et leur organisation spatiale plus ou moins clarifiante pour le client.