Facilitateur graphique

Le drame du facilitateur graphique

15 mai 2018
Le drame du facilitateur graphique


Produit ou processus : qu'est ce qui fait la valeur de la facilitation graphique ?

Le drame du facilitateur graphique est aussi ce qui fait sa valeur et son originalité : c’est le dessin.
Je présente les choses sous cet angle, volontairement provocant, car contrairement aux apparences, un facilitateur graphique ne « vend » pas de dessin mais un processus.

Le dessin en facilitation graphique n’est que le média : plus précisément il est la technique utilisée et le produit final.

Les bénéfices du processus

Le plus important, c’est le processus de travail que sous-tend cette technique et ce résultat, c’est-à-dire la manière dont le facilitateur graphique va utiliser le dessin soit :

  • pour aider un groupe à travailler encore plus vite et plus loin que dans un atelier d’intelligence collective sans facilitation graphique. (Grâce aux supports visuels préparés sur mesure pour accompagner le déroulé de l’atelier, grâce aux séquences de scribing incluses dans un atelier collaboratif ou à des synthèses visuelles réalisées en amont et utilisées en réunion)
  • pour aider une organisation à rendre visuelles ses idées / offres / processus ou autres, pour mieux les communiquer.

L’essentiel du bénéfice de la facilitation graphique est donc dans le processus qui est mis en oeuvre :

Dans le premier cas, la création de supports visuels va permettre de cadrer les séquences de travail d'un groupe. En effet, si vous ne donner par de support à un groupe qui doit réfléchir à une question, d'une part les risques de digressions sont accrus, d'autre part la formalisation de la pensée eut être variable d'un groupe à l'autre et peu comparable, enfin la profondeur de la réflexion peut aussi varier. Si au contraire, vous fournissez des supports visuels à un groupe, qui cadrent et définissent le périmètre de leur réflexion, vous permettez aux idées récoltées d'avoir une meilleure qualité et d'être en meilleure adéquation avec la question posée.

Toujours dans le premier cas, le processus mis en place dans une séquence de scribing favorise les interactions dynamiques entre un public qui échange des idées et un facilitateur graphique qui les comprend et les représente : les idées s'enrichissent du mode de représentation et se partagent différemment dans le groupe.

Enfin lorsque vous aidez une ou des personnes à traduire en images leur pensée, vous leur poser des questions soit de compréhension, soit de détails auxquelles elles n'auraient pas pensé mais qui vous sont utiles pour la représentation. Ce processus de questionnement oblige un commanditaire à expliquer, clarifier, compléter, préciser son propos et enrichit la communication ultérieure qu'il peut en avoir quand ce n'est pas l'éclaircissement de zones d'ombres dont il n'avait pas eu conscience.


Du mauvais usage de la facilitation graphique

Le pire à mon avis, est de demander à un facilitateur graphique de s’installer au fond d’une salle pour prendre en notes visuelles une conférence, et de ne pas lui donner l’occasion de présenter au groupe sa production pour en obtenir un retour, ou d’utiliser sa production pour décorer un couloir...pour finir par décorer la poubelle.

Dans ce cas extrême, le commanditaire, à mes yeux, passe à côté de l’intérêt de la facilitation graphique pour ne voir que le produit fini (sans exploiter celui-ci comme il pourrait l’être, c’est à dire à minima pour servir la mémoire du groupe et l’ancrage de ses discussions).
D’ailleurs, il arrive que soit demandé un « book » de productions, comme on demanderait à un artiste de le faire. Il me semble que c’est le signe d’une méconnaissance de ce que les commanditaires pensent acheter. Encore une fois : la facilitation graphique vend un processus et non un produit.

Mais on ne peut guère leur en vouloir, car la forme que prend la production du facilitateur graphique est bel et bien un dessin ou des dessins, et au moment de faire la promotion de son travail, il est inévitable pour un facilitateur graphique d’en faire état, en totalité s’il le peut, sinon partiellement. Je suis la première à m’y soumettre, même si j’essaie – quand c’est possible – de remettre des éléments de contexte autour des images présentées, de manière à montrer la variété des utilisations de la facilitation graphique.


Le dessin n'est pas tout mais il est important

De plus, même si le dessin n’est pas l’essentiel du métier, comme ce post en défend l’idée, la forme que prend la production du facilitateur graphique est néanmoins importante :

  • Dans la qualité graphique tout d’abord : oui, il n’est pas nécessaire de savoir bien dessiner pour être un facilitateur graphique, ET ... la qualité graphique participe au plaisir que le groupe a de le lire, de s’y projeter, de se l’approprier et d’en être fier.
  • dans la nature de l’information captée ensuite, car ce que chaque facilitateur graphique retient de l’information entendue et la manière dont il le met en forme dépend très largement de chacun. C’est pourquoi, il n’est pas non plus inutile de montrer à quoi peut ressembler la production finale du facilitateur en fonction des objectifs poursuivis par les commanditaires.
  • dans la capacité suggestive enfin des images choisies, des liens faits et des métaphores utilisées, suffisamment évocatrices ou non pour un groupe.

Pour conclure ce post, je ne dirai pas seulement : le processus est important et le produit dessiné qui en résulte aussi, mais plutôt :
je fais la promotion d’une utilisation de la facilitation graphique au mieux du service qu’elle peut rendre, en défendant l’idée que son intérêt réside :


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